Brook Preloader

Correspondencias

Iker Andrés
Pamplona, 2016


Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire

 

Cada vez que veo las obras que Mireya Martín Larumbe ha reunido para esta exposición mi mente acude casi inmediatamente al poema “Correspondencias” de Charles Baudelaire. Más aún ahora que me enfrento a escribir un texto para acompañaras. ¿Cómo voy a escribir nada? Todo ya está dicho en el poema. En sus imágenes nos encontramos con figuras vegetales, animales y humanas que rompen las barreras, que transcienden las fronteras de lo que les debería definir y se entremezclan con el no ser identitario. Todo en las creaciones para esta exposición es una correspondencia con algo más, nada se queda en su lugar y sutilmente se desplaza señalando una otredad que sin embargo siempre ha estado ahí detrás. Animales con mirada más que humana, mujeres con expresión animal, huesos, insectos, cáscaras de huevo… un verdadero bosque de símbolos que nos trasporta a un sentimiento, casi panteísta, que nos sitúa a cada espectador como parte de un todo indisoluble.

Esta exposición nos habla de la ruptura de todas las dualidades. No es posible pensar en la existencia de un alma separada del cuerpo ante la presencia de estas obras de Mireya Martín Larumbe. Las palabras que distinguen lo natural de lo humano, lo instintivo de lo moral, el sentir del pensar, quedan agotadas y superadas ante estas imágenes que abren la puerta a un mundo de relaciones: todo formando parte de un todo de manera orgánica. Y si los dibujos y esculturas no fueran suficiente para hacernos con esta idea la exposición está coronada por una animación en la que las imágenes se transforman dentro de un círculo, llevándonos a mundos que cantan los transportes del espíritu y de los sentidos.

Iker Andrés
Pamplona, 2016


Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Charles Baudelaire

Chaque fois que je regarde les œuvres que Mireya Martín Larumbe a réunies pour cette exposition, il me vient immédiatement à la mémoire le poème « Correspondances » de Charles Baudelaire. Et encore plus maintenant que je dois écrire un texte pour les accompagner. Mais que vais-je écrire ? Tout est déjà dit dans le poème. Dans ces images nous trouvons des figures végétales, animales et humaines qui brisent les barrières, qui dépassent les frontières de ce qui devrait les définir et elles s’enchevêtrent avec le non-être identitaire. Tout, dans les créations de cette exposition, est une correspondance avec quelque chose de plus, rien ne reste à sa place et subtilement tout se déplace en indiquant une altérité qui pourtant a toujours été là derrière. Des animaux avec des regards plus qu’humains, des femmes avec une expression animale, des os, des insectes, des coquilles d’œufs… une véritable forêt de symboles qui nous transportent vers un sentiment presque panthéiste, qui situe chaque spectateur comme une partie d’un tout indissoluble.

Cette exposition nous parle de la rupture de toutes les dualités. Il est impossible de penser à l’existence d’une âme séparée du corps en présence de ces œuvres de Mireya Martín Larumbe. Les mots qui distinguent ce qui est naturel de ce qui est humain, ce qui est instinctif de ce qui est moral, la conscience de la pensée, sont épuisés et dépassés devant ces images qui ouvrent la porte sur un monde de relations : le tout formant parti d’un tout d’une manière organique. Et si les dessins et les sculptures ne sont pas suffisants pour nous en persuader, l’exposition est couronnée par une animation dans laquelle les images se transforment à l’intérieur d’un cercle et nous entraînent dans des mondes qui chantent les transports de l’esprit et des sens.